Hello, hello, b…

Hello, hello, bonjour, ça va? English jump below!

Voici mon petit royaume syldave, où vous trouverez aussi bien des posts repêchés de mon ancien blog:

Sylvie la dilettante enfin pas tout le temps quand même

que des textes plus actuels, pour commencer avec des exercices d’écritures:

aujourd’hui..

que des souvenirs de voyages..(click clique!)

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Tadjikistan-bandeau

Bandeau-Russie

Armnie-bandeau

BandeauGorgie

voyagesvoyages

– et tout frais sorti du four, mon dernier voyage en Allemagne-Italie-Suisse – et même mon séjour en Sierra Leone, et puis aussi quelques polaroïds de Turquie, et voilà qu’on va faire un tour en Andalousie.. Ensuite un petit tour en France où je me reconnecte tellement avec mes racines que j’ai du mal à dire septante pendant tout un temps 🙂 Et puis c’est bientôt le grand départ en Ukraine, d’où je vous raconterai mon quotidien si j’ai le temps…en attendant je suis allée faire la tournée des potes de l‘Adriatique à la Baltique, c’était bien chouette! Bon ben finalement pas de bulletin quotidien ni même hebdomadaire d’Ukraine mais quelques croquis généraux et des petits textes que j’avais posté sur Faceboook…L’Afghanistan doit malheureusement rester en mode privé pour des raisons de sécu (enfin j’imagine qu’à un moment il y aura prescription, mais en attendant contactez moi si vous voulez en savoir plus), puis je suis reevenur à Bxl et restée sédentaire pour…trop longtemps 🙂 Mais me voilà en Guinée, et puis près ça des vacances dans la belle Ecosse et la sympathique Angleterre..  et puis nous voilà sur deux autres îles, Mada(gascar) et (l’île) Maurice)…

…and more will come in English, bear with me :)- already a few posts salvaged from my travel blog..

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Tana

Quand on part se promener dans un pays où les infrastructures sont d’une fiabilité toute relative…il vaut mieux éviter de prévoir le retour en capitale à la dernière minute, pour ne pas courrir le risque de rater son avion. Et donc on avait plutôt prévu de visiter Antananarivo (Tana pour les intimes) et ses environs plutôt vers la fin, et se lancer dans la descente de la rivière Tsiribinha dès notre arrivée.

C’est sans compter que rien n’est simple à organiser ici. On avait commencé par décliner poliment l’offre d’un package tout compris par notre nouvel ami Patrick et son cousin, parce qu’il nous laissait un peu dubitatives. Mais après avoir épluché nos guides respectifs, laissé des messages mail ou sur Facebook, écumé les forums de voyageurs…on se résout finalement à demander conseil à la réception de l’auberge de jeunesse où noue sommes. Sylvie (et oui) nous donne les coordonnées d’un guide bien connu d’eux, et de fil en aiguille on se retrouve au distributeur pour retirer les centaines de milliers d’arirarys (la monnaie locale) pour payer l’acompte d’un voyage tout organisé. Une première pour moi:)

Ouf ! Un souci en moins, on continue l’exploration de la ville. On avait déjà visité la ville basse, enfin, pas si basse que ça- Tana se déploie sur une succession de collines escarpées,

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on a déjà bien monté et descendu dans les rues parfois pavées, ou asphaltées, et les escaliers. Certaines vieilles maisons me font penser à des pavillons de banlieue, on voit l’influence de la France…(les taxis 2CV ou 4L aussi )

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et du climat qui n’est pas vraiment tropical. C’est l’hiver des hauts plateaux ici, beaucoup de gens sont en anoraks et bonnets, et je souffre un peu en sandales (mes seules chaussures fermées sont des chaussures de randonnées).

Et puis on se lance à l’assaut de la ville haute. Ce jour-là, j’ai décidément plus l’impression d’être dans les montagnes d’Asie centrale ou d’Inde du Nord que dans l’Océan Indien: la petite rue pavée qui grimpe, la lumière blanche du soleil hivernal, les maisons en brique, les gens en anorak, les types physiques qui font plus penser à l’Asie que l’Afrique, et même quelques restaurants indiens. On finit par arriver là-haut, près de la cathédrale, et sa statue géante de la Vierge Marie qui contemple la ville.

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Puis on arrive au Rova, le palais de la Reine. Madagascar avait en effet essayé pendant quelques décennies de faire jeu égal avec les français, en ne les considérant comme des partenaires commerciaux…mais malgré les efforts et les manœuvres des dirigeants malgaches, Madagascar n’a pas fait exception et a aussi été annexé par l’empire colonial français. Il reste néanmoins un grand complexe, avec entre autres un grand bâtiment construit au XIXe siècle (et qui a souffert récemment d’un mystérieux incendie, suscitant les récits conspirationnistes),

et puis aussi un temple protestant (les efforts des missionnaires anglais ont en effet résulté en la construction de nombreux temples qui là pour le coup évoquent furieusement les campagnes anglaises, et beaucoup de Malgaches sont protestants).

Mais on ne fait pas que visiter à Tana, nous avons aussi testé les soirées de l’Ambassadeur, enfin, la soirée du 14 juillet dans les jardins de l’Ambassadrice. Un minibus vient chercher au point de rendez-vous toute personnes possédant une carte d’identité française, et nous nous retrouvons dans une grande fête avec bière à volonté, assiettes de charcuterie (pas très fine) et hot-dogs, une grande tombola pour gagner des billets d’avion pour le Réunion ou Paris. Bref, on a plus l’impression d’être dans une foire que dans une soirée mondaine- mais l’impressionnant feu d’artifice final vient sauver l’affaire!

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Et puis voilà, mardi matin arrive et il est temps de remballer nos sacs à dos pour monter dans la Jeep qui va nous emmener à notre première destination- à plus tard Tana!

 

 

 

 

Alefa Barea!

C’était pourtant plutôt sympathique au début: alors qu’on descend nonchalamment de notre vol Air Mauritius, on voit un tapis rouge devant l’avion Turkish Airlines d’à côté, une petite foule massée derrière des barrières, les ouvriers de l’aéroport perchés sur un échafaudage, des chants, des clameurs et des tambours- on comprend alors qu’on est arrivées en même temps que l’équipe nationale de football, les Barea (une espèce de zébu) qui a non seulement réussi à se qualifier pour la première fois pour la CAN (Coupe d’Afrique des Nations) mais est même arrivée jusqu’aux quarts de finale.

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Dans le hall d’arrivée, un certain Patrick nous aborde pour nous proposer un taxi pour le centre ville, en nous expliquant qu’il a garé sa voiture un peu plus loin parce qu’avec tous les fans ça va être un peu compliqué de sortir de l’aéroport. Alors que nous nous approchons de la sortie du parking, nous voyons qu’il n’a pas exagéré : ce n’est plus un petit attroupement, c’est une foule compacte, parfois juchée sur les voitures et mini-bus qui peinent à avancer, qui bloque la route de l’aéroport. Nous nous frayons avec difficulté un passage parmi les jeunes et moins jeunes arborant des T-Shirts ‘Alefa Barea!’ (allez les Bareas!) ou ‘Misaotra Barea!’ (merci les Bareas!), le drapeau malgache peint ou collé sur le village. Nous avons de plus en plus de mal à avancer, je veille à ne pas me laisser distancer, jusqu’au moment où Patrick nous propose de descendre par un petit ravin sur le côté de la route vers le village pour couper. Chargées de nos bagages, nous descendons à tâtons, nous retrouvons avec beaucoup d’autres à avancer entre les maisons, puis sur les petites digues qui séparent les champs de cresson à moitié inondés. Ce qui est pittoresque au début devient de plus en plus fastidieux et difficile, on a toujours peur de déraper sur le mince chemin de terre et tomber dans les mares avec armes et bagages, mais après une bonne demi-heure on finit par retrouver la route asphaltée, elle-même encore bien encombrée par la foule qui avance entre les nombreux véhicules au ralenti.

Là il nous faut encore longtemps attendre la voiture conduite par son cousin, en bavardant avec lui et en apprenant nos premiers mots de malgache, puis quand la jeep arrive finalement avancer par saut de puce (il y a tellement de voitures qui veulent repartir vers le centre ville que les voitures roulent dans cette direction des deux côtés, empêchant les voitures qui voudraient partir dans l’autre sens de circuler) , jusqu’au moment où le cousin peut s’échapper par une voie de traverse et rejoindre notre hôtel par un long détour.

D’autres voyageurs n’auront pas cette chance, nous les verrons arriver à l’hôtel bien deux heures après nous, alors que nous regardons d’un oeil le programme de célébration de l’équipe à la télévision. L’équipe elle-même a mis des heures à arriver au stade national, où les attendent une immense foule enthousiaste, et monte sur scène en file, saluant les divers officiels et le Président de la république, Andry Rajoelina et sa femme.

Un de nos futurs compagnons de voyage arbitre professionnel, nous expliquera qu’à ce niveau des championnats les matches sont toujours un peu manipulés… je me dis qu’en tous cas cette victoire tombe à pic pour le Président, élu en début d’année. Je n’ai pas beaucoup investigué sur la vie politique malgache, même si je sais qu’elle a été un peu agitée ces dernières années, mais ce président relativement jeune (45 ans) a belle allure, rappelle un peu Macron, et a des projets ambitieux pour relancer l’économie de l’île (5e pays le plus pauvre au monde). Nous entendrons par la suite plusieurs commentaires positifs sur son action, nous constaterons surtout l’efficacité de son marketing électoral : où que nous serons sur l’île, nous croiserons des gens portant un T-Shirt orange à son effigie (parfois customisé par des jeunes hommes qui en coupent les manches pour en faire un débardeur), et même des paréos. Probablement pas comme signe de ralliement, plutôt comme un vêtement gratuit, mais c’est impressionnant.

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(photo La Croix)

En tous cas la fièvre ne retombera pas et pendant tout notre séjour nous verrons T-shirts et autre merchandising aux couleurs des Barea !

Un mois dans l’Océan Indien

Et me voilà donc partie pour le plus long voyage de ma vie (et oui!), trois semaines à Madagascar et une semaine sur l’Ile Maurice, un mois entier sac au dos- avec moustiquaire, petit sac de couchage et savon de Marseille et pinces à linge.

Après une nuit dans l’avion, de Bruxelles à Maurice en passant par Dubaï, nous profitons une nuit du confort de Maurice avant de nous envoler vers Madagascar. Après quelques jours d’hésitation à Tana (petit nom d’Antananarivo), à organiser la suite (rien n’est simple à Mada, les distances longues et les routes mauvaises….), nous partons vers Antsirabe, la ville la plus froide de l’île, surtout en cette période d’hiver austral. De là nous rejoignons une petite troupe hétéroclite mais sympathique de voyageurs (cinq Français et une Italienne de nos âges ou un peu plus jeunes, un Chinois vivant en Australie désarmant d’ingénuité et de non-préparation pour ce voyage, et une Hollandaise grande voyageuse et son fils) pour descendre ensemble en pirogue pendant trois jours la rivière Tsiribina, puis visiter la parc national des Tsingy. Voyage qui impliquera pas mal de jeep sur des mauvaises routes, donc on décide ensuite de se poser un peu en bord de mer (sur la côte ouest, le long du Canal du Mozambique), à Morondava. On remonte à Antsirabe, où il fait toujours aussi froid, pour assister à une cérémonie d’exhumation des morts; puis fatiguées par ce froid, on redescend vers la côte ouest, plus au nord, à Mahajanga. Puis il est temps de rentrer à Tana pour retourner à Maurice.

Là, ce sera un séjour plus relax : on remonte par sauts de puce le long de la côte ouest vers Port-Louis, depuis l’aéroport qui est au sud de l’île- c’est un peu perturbant pour nous cette île qu’on peut traverser en bus en deux heures:) Un peu de plages mais pas trop, des restaus pas trop mal et surtout une excellente street food (bien qu’un peu épicée pour moi), des balades, une expédition au centre de l’île pour visiter rhumerie, plantation de thé et vaste sanctuaire indien, une journée avec nos amis du SVI (partenaire du SCI où je suis encore modérément active), le beau jardin botanique de Pamplemousses et cette drôle de ville qu’est Port-Louis. Un crochet par Dubaï, où il fait chaud et humide et où nous nous éloignerons à peine de l’aéroport, et c’est la fin…je prolonge un peu le voyage par une série de romans mauriciens achetés à l’aéroport, qui me plongent dans les différentes facettes de cette nation arc-en-ciel et son histoire parfois douloureuse…

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Astropoets

Week of 4/21 in Virgo- You are moving along in so many great ways. Take the sky blue bowl into a field then leave. You won’t need a bowl where you are going. You will need a hat.


Sur un banc du Russel Square (22/4)

« Je crois que j’ai passé l’âge des bus de nuit’, me dis-je alors que je m’endors par intermittence, tout en contemplant les joggeurs qui passent et repassent. J’ai réalisé en effet un peu tard que si le bus de nuit arrive à Londres à 5h00 et que le train pour Inverness part à 12h00, ça me fait 7h00 de transit dans la belle capitale…

Alors je décide finalement d’aller à la chasse aux souvenits à Bloomsburry, suis un peu vexée de me perdre méthodiquement dans un quartier que j’ai arpenté pendant un an, même si c’était il y a 20 ans, mais son aspect toujours aussi charmant me console vite!

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Je me pose dans Russel Square, tout en fleurs (alors que j’en avais gardé un souvenir plutôt hivernal), puis je vais passer devant mon Alma Mater, SOAS, où des banderoles revendicatives me montrent que certaines choses n’ont pas changé

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Malgré la fatigue, c’est un plaisir de retrouver Londres, son odeur spécifique, ses magasins (de chaînes, ou plus idiosyncratiques..dommage sue ce soit le lundi de Pâques, surtout quand je passe devant la boutique des éditions Persephone), la signalétique britannique, sur les panneaux ou au sol, et uis tous ces jolis squares verdoyants hélas bien moins nombreux à Bruxelles (ou les petits jardins publics sont plus rares et cachés).


Londres- Leeds (plus ou moins)

…je dors 🙂

Leeds- Inverness

La campagne anglaise est charmante, d’un vert joyeux, avec ses bosquets, ses haies, et ses prés où quelques vaches ruminent paisiblement, comme dans un livre d’image.

Puis le paysage change alors que nous entrons en Écosse. A côté de moi, une jeune Américaine venue du Nebraska s’extasie sur la mer nébuleuse qui apparaît brusquement sur le côté, un château que nous apercevons, et même sur le café et les chips du vendeur ambulant (‘Je dois dire que je n’ai jamais vu quelqu’un aussi enthousiasmé par du café’, remarque-t-il légèrement perplexe), et puis sur les bâtiments anciens d’Edimbourg que nous pouvons voir depuis le train- c’est vrai que tout ça évoque les voyages scolaires de Harry Potter (j’ai été assez impressionnée par la foule qui fait la queue pour se faire photographier devant le quai 9 3/4, qui n’est d’ailleurs même pas entre le 9 et le 10, et pour entrer dans le magasin Harry Potter…).

Puis on continue à monter, par le parc national des Cairngorns, les prés verts on cédé le terrain aux landes plus brunes, on s’élève par moments, le ciel est lumineux et gris à la fois, le soleil perce entre les épais nuages, ce qui donne une impression étrange d’être hors du temps, dans une saison indistincte et éternelle. Le trajet en voiture de Inverness à Findhorn me donne un premier aperçu de la beauté de la région, mais aussi des feux de forêt en cours, l’odeur de bois brûlé nous prenant presque à la gorge. Puis c’est la marche dans la forêt obscure pour rejoindre la tente de Sarah, une dernière boisson chaude avant d’aller se coucher pour pouvoir enfin dormir (non, la nuit dans le bus…vraiment pas).

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Tant de Français expats! Je n’ai pas trop l’habitude de nos ex-colonies donc c’est pour moi très inhabituel- les familles quasi Cyrillus sur l’île de Room, ou cette impression d’être dans une MJC métropolitaine à ce spectacle de danse (par ailleurs fabuleux, du Ballet Djoliba) au Centre Culturel Franco-Guinéen…

Et comme au Sénégal, la typographie de la signalétique routière est la même qu’en France….

Des jeunes sportifs sur le bord de la route- en tenue de sport flambant neuve, ou en tous cas bien fluo, on voit nombre de jeunes hommes et même femmes s’étirer, faire des exercices de musculation ou courir sur le trottoir et au bord de l’échangeur…

Doubles standards à l’aéroport- après les contrôles classiques, nous devons passer par un nouveau contrôle dans le couloir qui mène au vol Air France, tous les bagages à main sont fouillés, ma bouteille d’eau achetée dans la zone de transit doit être jetée, et l’épais livre que j’avais obligeamment enlevé de mon sac pour que le contenu de celui-ci soit plus accessible passe de main en main et est feuilleté comme un objet suspect (!!).

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Dernier jour- comme ce serait dommage de ne voir de la Guinée que les bureaux de la coordination, je fais des infidélités à mon ordinateur pour m’incruster dans une visite de repérage des chargés de communication (le Bruxellois et le Guinéen) en vue d’un reportage futur. Ils vont visiter un des centres de santé que nous soutenons dans le cadre de notre projet VIH à Conakry…le départ est un peu laborieux mais c’est finalement parti, après un crochet au bureau de coordination tout proche, pour embarquer Dr S, nous prenons la longue route vers le petit centre.

Longue plus par le temps que la distance, et encore, ce n’est pas le pire des embouteillages, mais ça me laisse le loisir d’observer la ville; les haut bâtiments qui alternent avec les petites bicoques, les couleurs rouges et orangées, la route pas trop mauvaise mais recouverte d’une couche de poussière ocre, les échoppes et les étals qui se multiplient car nous approchons du quartier marché de la ville, à la radio l’émission les Grandes Gueules (http://www.espacefmguinee.info/les-grandes-gueules/) qui discute de la mobilisation de l’opposition en un front pour lutter contre les velléités du président de changer la constitution pour briguer un troisième mandat (on poursuivra l’écoute quand nous entrons dans le bureau de la directrice du centre, qui l’écoute sur un petit transistor), les grands arbres qui ombragent et adoucissent le bord de route, les ordures en tas qu’on brûle, ou qui traînent par terre, un petit attroupement avec quelques policiers- mais ça n’a rien à voir avec les check-points et les débuts de répression populaire qu’on a observés dernièrement, plutôt avec les transactions douteuses de voitures d’occasion dans le coin, les tissus colorés des pagnes, et les femmes et parfois quelques hommes qui avancent avec boîtes ou colis sur la tête, quelques personnes qui attendent bus ou taxis collectifs le long de la route (j’en verrai beaucoup plus le soir à l’heure de pointe, sur la route de l’aéroport).

Puis après une visite du centre et la présentation à sa directrice, l’un des chargés de com’ s’enferme dans un bureau pour parler avec une des médiatrices – des Personnes Vivant avec le VIH qui ont la lourde tâche d’annoncer le résultat du test à ceux qui ont fait le dépistage et les accompagner si le résultat est positif. J’attends dehors, avec l’autre chargé de com’ et le avec Dr S. D’allure vive et avenante, cette dernière porte une robe et un fichu assorti noué sur la tête en pagne en teinte jaune.
Elle a maintenant un poste de manager mais arrive de temps à temps à échapper à la supervision et les algorithmes pour refaire du clinique quand il y a une urgence.

-C’est quand même bien que ce soient les médiatrices qui annoncent la nouvelle aux malades, dis-je. Elles peuvent partager leur vécu, et surtout, le fait qu’elles aient l’air en forme et épanouies, ça encourage les malades pour se dire qu’il y a une vie après le diagnostic.
– Mais oui, c’est vrai! dit Dr S. Moi même quand je travaillais dans le centre, je pouvais encourager les patients, leur dire qu’on peut vivre bien avec le VIH. je leur disais ‘je suis comme toi!’, je leur montrais des photos de mes deux enfants pour leur dire que c’est possible de bien vivre, d’être mariée, d’avoir des enfants.’

Devant nous, dans la cour qui sert de parking, on voit une petite biquette qui passe, se faufilant entre les voitures. On entend un vagissement sonore qui continue- j’avais d’abord pensé qu’il s’agissait d’une femme en travail avant de constater que la petite maternité du centre était vide, il s’st finalement avéré que c’était une vieille dame à qui on changeait un bandage.

‘Mais il y’a quand même encore beaucoup de discrimination. Et parfois, les gens ne veulent pas suivre les traitements. J’ai une cousine qui est aussi séropositive et qui ne veut pas prendre les ARV pour ne pas grossir. Je lui dis ‘regarde, moi je les prend et pourtant je ne prends pas de poids!’

Un homme d’âge mûr nous interrompt, un papier à la main, où j’entrevois une longue série de dates- ses rendez-vous pour retirer sa dose mensuelle d’ARV je pense. Dr S lui répond, tandis qu’une deuxième, une troisième, et même une quatrième biquette se faufilent à leur tour entre les voitures- elles viennent probablement de la rue, par le portail rand ouvert. Un petit enfant à l’air effrayé passe avec son père, on imagine vers le service des vaccins.

‘Ah il a peur le petit! dit le chargé de com’!. Et oui, je ne connais aucun enfant qui aime venir à l’hôpital…’
‘Et oui, moi non plus, se rappelle le Dr S. A chaque fis que je devais venir à l’hôpital je pleurais ou je me cachais. Et quand j’ai commencé mes études de médecine, mon père (qui est pharmacien) s’est moqué de moi- je lui au dit ‘oh ça va papa’’, dit-elle en riant

Une vieille femme passe, avec un bandage effectivement imposant, on comprend que ça ait pu être laborieux. l’une des médiatrices quitte le bureau, et croise une forte femme qu’elle connaît d’ailleurs- elles se moquent de leurs embonpoints respectifs.

‘Et combien d’enfants tu as Dr S?’
‘J’ai deux enfants, deux garçons.
‘Ah là là- deux garçons!’ s’exclame le chargé de com’’.
‘Oui, j’aimerais bien avoir une fille maintenant. Mais…je ne sais pas si je veux encore un enfant, rit-elle, j’ai trop peur d’avoir à nouveau un garçon !’

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Le Nescafé (encore plus quand il est accompagné de lait en poudre), la bière délavée et les banquettes arrière des Landcruiser…telles sont mes madeleines de Proust du terrain et après un an et demi de HQ je m’en régale!

Quand prendre l’ascenceur pour monter à mon cinquième étage prend un parfum d’aventure…c’est que les coupures de courant sont fréquentes (même si un générateur se met vite en marche) et plusieurs de mes collègues ont fait l’expérience d’être enfermés dans une cabine d’ascenceur où on crève vite de chaud, pendant une bonne heure pour deux d’entre eux…

le gris de la mer

 

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Vendredi soir- assise sur le petit canapé du balcon, je savoure un moment de calme inattendu, après quelques semaines sans répit. L’air chaud et moite est rafraîchi par une brise marine, et devant moi l’immensité de la mer grise, où n se détache qu’une pirogue solitaire. Plaisir imprévu d’un long moment où rien n’est prévu justement, même s’il faudra bien aller prendre une douche avant d’aller à ce spectacle de danse.

Après une bonne heure, la porte coulissante s’ouvre at apparaît W., l’épidémiologiste, que va savoir pourquoi je croyais congolais. En maillot de corps et une bière à la main, il vient aussi prendre le frais, mais m’offre d’abord une bière. J’accepte avec plaisir, et une fois revenus de la cuisine avec ses bières et mes gâteaux, nous commençons à échanger quelques paroles. La semaine s’est bien passée, oui, je me sens prête pour le séminaire de la semaine prochaine, et pour lui, c’était beaucoup de boulot, le lancement d’une nouvelle étude avec le Dr. S., avec qui j’avais brièvement discuté la veille. Combien de temps la mission ?

– Presque deux ans, je devrais finir en septembre…mais j’ai quelques projets d’études que je voudrais lancer.

– Waw, tu aimes bien la Guinée ?

– Oui…ça va, mais c’est surtout le travail que je fais que j’aime.

Il me parle d’une étude sur les causes de la mortalité dans un des centres de prise en charge du VIH où nous travaillons ; la malnutrition a un impact, mais aussi la prise en charge psycho-sociale : les malades qui voient des psychologues ont un taux de mortalité moindre, ce qui nous rappelle encore et toujours l’importance d’un accompagnement multi-disciplinaire pour soigner les maladies chroniques. Et puis d’une autre étude sur l’efficacité du vaccin du choléra quand les rappels sont plus espacés, et donc plus faciles à organiser.

– Et si cette étude montre que ça fonctionne, on pourrait appliquer ce protocole chez moi aussi, on a du choléra aussi au Cameroun. C’est ça que j’aime avec la recherche opérationnelle : c’est que ça permet de sauver des vies directement ! Et c’est aussi pour ça que j’aime travailler chez MSF. On pourrait gagner plus d’argent ailleurs, mais les expériences qu’on fait ici, c’est quand même extraordinaire.

Tu sais, un homme africain, ça ne pleure jamais ; parce que s’il pleure, sa famille comprendra qu’il n’y a plus de solution et que la situation est désespérée. Et pourtant…Je me rappelle quand j’étais en Mauritanie, où je travaillais comme laborantin. Je venais d’avoir un fils, mon premier enfant, et je devais retourner à la maison pour aller le voir. Un père est arrivé avec son petit garçon, qui était tout gris, qui avait un besoin urgent de transfusion sanguine, mais qui était de groupe sanguin O-, et je n’en avais plus dans ma banque. Le père me suppliait, et je pensais à mon propre petit bébé.  On devait quitter le dispensaire à 17.00, mais je suis resté plus tard, à fouiller tous les registres de donneurs de sang, à chercher ceux qui avaient donné il y a plus de trois mois ; et j’ai finalement identifié cinq personnes, et on a pu faire la transfusion. Le lendemain, je suis revenu au dispensaire, et j’ai vu le petit garçon faire des galipettes sur son lit…et là j’ai pleuré !

2/366 -aujourd’hui contenu et contenant

Et bien.

J’avoue.

Je sèche!

J’aurais du la poser au fond de mon cerveau cette expression, pour qu’elle filtre inconsciemment cette journée, un filet où au moins une petite sardine se serait laissée prendre. Et non! Bon, j’ai une piste vers des histoires de formation où la lettre du plan de formation ne doit pas laisser oublier l’esprit de la démarche qu’on veut faire parcourir aux apprenants, mais là, non, ça va, merci, pas à cette heure 🙂

1/366- aujourd’hui reflet

Depuis mon retour d’Afghanistan j’ai perdu les occasions d’écrire; mes divers voyages ont été trop courts et professionnels ou studieux pour me laisser le temps de broder, et le reste de ma vie n’était pas très inspirant, littérairement parlant j’entends.

Alors pour me redonner un élan, je vais à nouveau capter quelques reflets épars de ma vie grâce à cet exercice. Des reflets mouvants et fragmentaires, et parfois vite obscurs (ceux d’il y a cinq ans me laissent parfois dans une perplexité amusée), mais qui au moins vont me permettre de me refaire la main (ou le clavier). Allez, c’est parti!