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Hello, hello, b…

Hello, hello, bonjour, ça va? English jump below!

Voici mon petit royaume syldave, où vous trouverez aussi bien des posts repêchés de mon ancien blog:

Sylvie la dilettante enfin pas tout le temps quand même

que des textes plus actuels, pour commencer avec des exercices d’écritures:

aujourd’hui..

que des souvenirs de voyages..(click clique!)

bandeauafrique

Tadjikistan-bandeau

Bandeau-Russie

Armnie-bandeau

BandeauGorgie

voyagesvoyages

– et tout frais sorti du four, mon dernier voyage en Allemagne-Italie-Suisse – et même mon séjour en Sierra Leone, et puis aussi quelques polaroïds de Turquie, et voilà qu’on va faire un tour en Andalousie.. Ensuite un petit tour en France où je me reconnecte tellement avec mes racines que j’ai du mal à dire septante pendant tout un temps 🙂 Et puis c’est bientôt le grand départ en Ukraine, d’où je vous raconterai mon quotidien si j’ai le temps…en attendant je suis allée faire la tournée des potes de l‘Adriatique à la Baltique, c’était bien chouette! Bon ben finalement pas de bulletin quotidien ni même hebdomadaire d’Ukraine mais quelques croquis généraux et des petits textes que j’avais posté sur Faceboook…L’Afghanistan doit malheureusement rester en mode privé pour des raisons de sécu (enfin j’imagine qu’à un moment il y aura prescription, mais en attendant contactez moi si vous voulez en savoir plus), puis je suis reevenur à Bxl et restée sédentaire pour…trop longtemps 🙂 Mais me voilà en Guinée, et puis près ça des vacances dans la belle Ecosse et la sympathique Angleterre..  et puis nous voilà sur deux autres îles, Mada(gascar) et (l’île) Maurice)… et puis ce fut l’Afrique du sud et la Republique Centrafricaine en visite terrain, je garde beaucoup d’images de la seconde mais pas (encore) transcrites en récits, j’ai commencé mais pas fini avec la première.

Et puis…le Covid est arrivé (péripétie très banale en 2020). Mon voyage prévu en Roumanie en avril a donné lieu à un voyage intérieur dans mon appart très riche mais difficilement racontable, mes velléités d’aventures caribéennes à Trinidad et Tobago ont d’abord laissé la place à des aventures en Transsylvanie, puis un voyage France-Italie-Slovenie-Republique Tchèque-Pologne (j’avais même pensé saupoudrer un peu de Hongrie et Ukraine dans le potage) s’est réduit au fil des réglementations Covid à un voyage France-Italie et si tout va bien Suisse sur le retour…stay tuned!

…and more will come in English, bear with me :)- already a few posts salvaged from my travel blog..

iwakvl 10- disgusting

Ne trouvant rien de répugnant dans ma vie, ni physiquement ni moralement, je me tourne vers ce livre que je lis à petits pas- nouveau plaisir découvert via ce confinement, celui de me délecter d’un livre écrit dans une langue que je peux lire avec néanmoins un dictionnaire à portée de main (dans mon cas l’espagnol et le néerlandais), en le lisant à petite dose quotidienne… j’ai déambulé pendant plus de trois mois avec Antonio Muñoz Molina dans diverses villes, et juste au moment où je le refermais, déjà nostalgique, je me suis lancée dans cette évocation tout autant finement et délicatement décrite de la vie du grand-père de Stefan Hertmans. Ce n’est pas la première fois que je lis ni en espagnol ni en néerlandais, mais jamais je n’avais lu et apprécié de lire en tels pointillés.

Urbain donc, enfant des classes populaires de la Gand du début du siècle, visite à l’invitation de son cousin une usine de gélatine- et se retrouve face à une vision dantesque de tas de têtes d’animaux dégoulinant de sang, avec à terre un fourmillement d’asticots, et d’ouvriers qui mangent leur tartine d’une main tout en charcutant les carcasses poisseuses. C’est déjà un avant-goût de sa future expérience des tranchées, que l’auteur n’a encore évoquée qu’à demi-mot…mais surtout c’est un choc esthétique, sans pouvoir se l’expliquer, il sent qu’au delà du répugnant il y a de la beauté, des camaïeux de rouges et de brun, des ombres et des clair-obscurs, et il sent émerger du fond de lui-même une vocation de peintre. Bon, voilà que je vous avance une thèse de cours de lettres de lycée- le pouvoir de l’art de voir le beau dans le laid, mais j’ai aimé la manière dont l’auteur décrit cette prise de conscience tout d’abord informe, qui vient- littéralement et métaphoriquement – des tripes.

Par ailleurs je m’aperçois qu’à lire si doucement cela me donne un rapport très myope au texte- je suis déjà si heureuse de me représenter les scènes si denses que décrit l’auteur que je passe probablement à côté du sens profond de ce livre, mais ça me rappelle un peu mes premières lectures en anglais, quand je ressentais le monde différemment quand il était décrit par Doris Lessing par exemple. Et c’est comme Femmes qui courent avec les loups, que j’ai pour le coup élu livre d’insomnie et donc lu de manière très erratique- j’aurai du mal à restituer grand choses de ses arguments et concepts, mais je sais que ce livre m’a nourri à un autre niveau- et c’est très bien comme ça!

Play list 1- C’est beau une ville la nuit

la nuit bleue

les fenêtres dont sortent des flots de lumière, et parfois de musique

la peau nue, l’air tiède dessus

la mince couche de sueur

les rues calmes, presque sans voitures

les lumière jaune ou blanche des lampadaires

les voitures garées le long du trottoir

l’expectative

se perdre à dessein sur le chemin de retour de la soirée, découvrant des nouvelles rues, des nouveaux quartiers

la sensation que la ville nous appartient

les soirées dont on sort

les soirées où on va

les gens qui dansent depuis un moment dans l’endroit où on arrive

les lumières oranges, tamisées

le train, le bus, le tram, où d’autres gens vont visiblement à d’autres soirées

le hip hop

le mystère

l’asphalte qui dégage la chaleur emmagasinée dans la journée

les tours éclairées au loin

arpenter les artères de la ville

les sneakers aux pieds

être un peu ivre, être un peu high

iwakvl 8- throw

Throw! C’est le matin, il fait frais, et un brin humide, mais le soleil un peu pâle brille. Je pourrais jeter au loin des pensées négatives, des relations qui ont fait leur temps, des échecs…mais non, c’est un geste joyeux, un effort corporel bref mais intense, pour jeter au loin…quoi? et pourquoi? et pour quoi?

Je ne sais pas, mais je lance…un boomerang qui va me revenir? Une boule de graines qui va ensemencer une terre lointaine? Je ne sais pas, mais je lance, et la joie l’emporte sur la perplexité.

Venise, été 2015

L’Empire des Lumières (…oui, d’accord, sa reproduction en poster encadrée!) a longtemps été accroché au mur de la salle à manger, au dessus de la commode au plateau de marbre; et la mystérieuse atmosphère de sa partie inférieure, contrastant avec le ciel radieux du haut, a toujours évoqué en moi un sentiment de familiarité.

C’était la même pénombre éclairée par le lampadaire de la rue que je voyais à travers les carreaux de la porte d’entrée, lorsque le volet de bois n’avait pas encore été posé sur la porte pour la nuit. La lumière pâle et fantasmagorique dessinait sur le parquet de bois sombre et verni six petits carreaux, lorsque la lumière du couloir était éteinte, que nous rentrions tard, déjà un pied dans le royaume du rêve, après en voyage en voiture dans l’obscurité. Tard, mais jamais assez tard pour voir se produire un autre mystérieux phénomène nocturne: j’étais persuadée qu’après minuit, les chiffres de l’horloge de la cuisinière arrêtaient de se dérouler et étaient remplacés par un dessin animé…

Lozère, 1979? 1980?

Sur la table, les casseroles au bruit métallique, et la ronde cruche portugaise, qui évoque l’argile humide, et la pénombre réconfortante en temps de canicule.

Dans le jardin, entouré de hauts murs, c’est une journée qui semble ne jamais s’arrêter, un bonheur aussi éphémère que les longues feuilles de châtaigner qui bruissent dans le vent. Je me demande comment les adultes font pour manger sans s’en mettre partout, eux ils parlent ensemble, grands et détendus, souriants et aimants.

Plus tard, je serai convaincue que John Lennon a copié le style de mon oncle, là je suis trop petite et c’est juste Michel qui joue de la guitare.

iwavkl 7- teeth

Que dire sur mes dents, à part qu’elles sont un gouffre financier? Qu’elles sont un peu mal fichues (tout ça parce que mes dents définitives ont commencé à pousser avant que mes dents de lait soient tombées), mais pas assez pour justifier l’orthodontie?

Que dire de dents? Je n’ai pas vraiment de dent contre quelqu’un en ce moment, même si ça m’arrive; je me regarde parfois sourire, mais généralement pas de toutes mes dents, dans la petite fenêtre Zoom de la formation en ligne.

Bref, que dire à propos des dents? encore moins d’inspiration, pourtant il y aurait bien des choses à dire si je me forçais, mais je veux garder cet exercice comme un plaisir, et je ne vais donc pas aller chercher plus loin l’étincelle créative!

iwakvl 7- fancy

J’ai mes masques des jours confinés, les un peu ratés pour les jours où je ne sais que je ne sortirai pas beaucoup plus que pour ma balade matinale au parc, où mon allure a peu d’importance. J’ai le pantalon sympa mais pas très flatteur, que je garde pour les mêmes occasions.

Je me réveille les jours où je vais voir des vrais gens dans la vraie vie, mais rien à faire, ma créativité vestimentaire autrefois encensée mais aujourd’hui moins sollicitée s’étiole, malgré quelques petites étincelles ici et là, et ça fait depuis décembre 2018 que je n’ai acheté de vêtements que dans un but purement utilitaire. C’est pourquoi les deux pantalons qui m’attendent à la poste font figure d’événement. Certes, bios et équitables, mais j’espère aussi susceptibles de faire remonter mon niveau de fancytude…

iwakvl 6- Rodent

En octobre, lisant cette consigne en revenant de rando dans les Hautes Fagnes, c’était aux castors que je pensais; je me demandais à quel point les castors, comme la rose, étaient sans pourquoi. A construire des ouvrages compliqués par instinct…mais seulement par instinct? Est-ce qu’un castor abandonné le ferait spontanément, à quel point ce que les animaux apprennent à leurs petits est une forme de culture? Bref, toutes sortes de questions un peu vagues autour de la conscience de soi et du libre arbitre des animaux, et de leur soumission ou non à l’instinct, qui aujourd’hui me laissent plutôt indifférente.

Saint-Gilles, février 2021

De retour à ce projet après plusieurs mois d’abandon, quand on me dit rongeur aujourd’hui, c’est à la petite souris qui a pas mal montré le bout de son nez en janvier que je pense. Les souris ayant bien soigné leur image de marque, et se faisant passer depuis des décennies voire des siècles pour des petites créatures mignonnes, malicieuses et malines, c’était à reculons que j’enclenchais les unes après les autres les phases de mon plan d’éradication: les huiles essentielles (eucalyptus et menthe poivrée, selon mon herboriste), qui m’ont presque fait fuir moi-même, les pièges aux graines puis au chocolat (avec dans l’idée d’aller ensuite la lâcher dans le parc, déjà triste de l’abandonner dans le froid et si loin de sa probable tribu, pensant aux migrants à qui on fait subir ce sort…hum hum), puis comme elle les ignorait superbement, des pièges empoisonnés (avec un frisson d’horreur de ma part quand je lisais la notice sur les effets anticoagulants du poison de l’appât). J’avoue que je ne suis pas allée vérifier si elle s’était servie de ces étranges flocons d’avoine roses mais en tous cas, ni cadavre dans les pièges ni en dehors, et plus de traces de son passage, j’espère qu’elle est allée faire sa vie ailleurs..

iwakvl 5- Blade

Cape Town, autonme 2020

La lame, ou plutôt le rasoir d’Ockham… Après ces semaines où les projets innovants et créatifs se sont multipliés de matière luxuriante, ont pris une vie propre, il va falloir couper, aller à l’essentiel, limiter, se concentrer, trier…renoncer.

Parce que me réveiller toutes les nuits avec des rêves obsédants absurdes du type ‘mais qu’est-ce que je vais utiliser comme bande-son avec le Zoom du groupe du mercredi?’, ou bien avoir cette fâcheuse l’impression de prendre mon souffle le lundi matin, me pincer le nez, sauter dans le tourbillon et en sortir à une heure beaucoup trop avancée vendredi soir, complètement rincée, va vite m’assécher!